• Régine-Catherine et Bonet de Lattes - Biographie croisée - 1460 - 1530

    A 18H à la médiathèque de Pernes : Cette biographie croisée tente de redonner vie à un couple singulier d’il y a 500 ans, en la contextualisant bien sûr pour la rendre signifiante – avec en toile de fond les lignages juifs et néophytes de Provence médiévale (1460-1530) reconstitués grâce aux écritures notariales latines des scribes chrétiens de l’époque. Le point de départ de cette enquête fut la découverte dans les archives départementales des Bouches-du-Rhône, chez les notaires d’Aix, d’un mariage juif somptueux, celui en juin 1469 de Régine Abram et de Bonet de Lattes. L’union fut courte. La jeune épousée, Régine quitta avec fracas ce mari choisi par son père médecin à Draguignan, Massip Abram. Convertie, dite « néophyte » sous la nouvelle identité de Catherine Sicolesse, elle se remaria dès janvier 1472 à l’église sainte Marie-Madeleine avec le secrétaire du roi René, Gillet Gilibert, non sans récupérer l’appétissante dot paternelle de 2000 florins, de quoi acheter à l’époque dix maisons ! Tous les ingrédients d’un dossier passionnant se sont trouvés là réunis, d’autant plus qu’une Lettre du roi René, ce monarque tolérant aux goûts dispendieux, dénonçait en 1474 les «détestables excès » dudit Gillet, avéré coupable de conversion forcée à l’encontre d’une fillette juive de Pertuis, récidivant de surcroît un méfait similaire commis jadis contre « une fille » du médecin dracénois! Grâce à une documentation généreuse, le parcours de notre héroïne née au mitan du XVe siècle, riche en rebondissements (veuvage suivi d’autres épousailles entrecoupées d’une union libre et d’une « séparation de corps et de biens »), a pu ainsi être suivi sur un demi-siècle, en même temps que des contemporains célèbres, tel le bisaïeul maternel de Nostradamus. De lointaine origine languedocienne, Bonet de Lattes, lui, a eu un destin peu ordinaire . Après sa vie aixoise observée de 1469 à 1490 (il lui avait fallu se « reconstruire » après cette rupture, se remarier, accéder à la médecine et aux responsabilités communautaires), il avisa de quitter la Provence. Les nuages amoncelés depuis la mort du roi René (1480) avaient obscurci les heures et les jours des juifs provençaux entrés dans l’orbite française. Pressentant la montée des périls, il se dirigea vers l’Italie, put jusqu’en 1510 – en conservant sa foi - officier au service de deux papes, et publier à Rome ses travaux astronomiques au point d’être visité par les savants de son temps, tel Charles de Bovelles disciple de Lefèvre d’Etaples, et de susciter la plume parodique du truculent Rabelais ! Dans la Provence française qu’il avait quittée, un « tumulte » meurtrier à l’encontre de ses coreligionnaires arlésiens accrut une propension à l’abandon du judaïsme ancestral et précipita, parmi d’autres causes, des migrations puis, en août 1501, des arrêts d’expulsion. Pour moitié les uns s’exilèrent, et les autres, optant pour la lustration baptismale imposée, sont retrouvés convertis chez les tabellions du XVIe siècle commençant, avec de nouvelles identités empruntées souvent à des parrains chrétiens prestigieux. Par la magie de l’archive, le récit croisé de la vie de ce couple peu commun, uni un court temps, puis séparé sur des chemins distincts mais proches pour tous deux des milieux de Cour tant aixois que pontifical, reflète en miroir l’épopée des juifs et des néophytes provençaux et méditerranéens à la fin du moyen âge et à l’aube des temps modernes. Formée à l’Ecole aixoise de Georges Duby, directeur de recherche émérite au CNRS, Danièle Iancu-Agou a été de 2003 à 2014 responsable à Montpellier de la « Nouvelle Gallia Judaica », équipe CNRS UMR 8584 du Laboratoire d’Etudes sur les monothéismes (LEM). Professeur associé à l’Institut du Judaïsme Martin Buber de Bruxelles (ULB), elle est membre depuis mai 2014 de l’Académie des Sciences et Lettres de Montpellier. Ses champs de recherche sont la prosopographie et la vie culturelle des élites juives et néophytes de la Provence médiévale (1430-1530). Formée à l’Ecole aixoise de Georges Duby, directeur de recherche émérite au CNRS, Danièle Iancu-Agou a été de 2003 à 2014 responsable à Montpellier de la « Nouvelle Gallia Judaica », équipe CNRS UMR 8584 du Laboratoire d’Etudes sur les monothéismes (LEM). Professeur associé à l’Institut du Judaïsme Martin Buber de Bruxelles (ULB), elle est membre depuis mai 2014 de l’Académie des Sciences et Lettres de Montpellier. Ses champs de recherche sont la prosopographie et la vie culturelle des élites juives et néophytes de la Provence médiévale (1430-1530).

  • Les Lundis du LEM-Montpellier. Saison 2017-2018 LEM-CNRS. UMR 8584 Thème : Varia. Institut Universitaire Maïmonide, Averroès, Thomas d’Aquin (IUMAT)

    Lundi 4 juin 2018, salle Profiat, 1 rue de la Barralerie, 14h. Maurice NAVARRO** (Faculté de Médecine, Montpellier) : « Joseph Salvador le Montpelliérain (1796-1873), et l''histoire des religions ».

  • Les Lundis du LEM-Montpellier. Saison 2017-2018 LEM-CNRS. UMR 8584 Thème : Varia. Institut Universitaire Maïmonide, Averroès, Thomas d’Aquin (IUMAT)

    Lundi 7 mai 2018, salle Profiat, 1 rue de la Barralerie, 14h. Béatrice BAKHOUCHE ** (UPV, Montpellier) : « Le goût de l''astronomie chez les juifs de Provence: l''exemple de Profatius ».

  • Les Chapeaux Jaunes du Pape version numérique

    Le livre "Les chapeaux jaunes du Pape " de Laurence Benveniste est maintenant disponible en version numérique sur : Amazon, IBooks Strore d''Apple, Kindle